Les inscriptions pour les ateliers du 24 septembre se feront dans le HALL. Voici leurs contenus :
Blandine HUBERT : Les enjeux de la qualité de la relation enseignant-élève chez les élèves de niveau primaire et
collège au développement typique et à besoins éducatifs particuliers.
La qualité de la relation enseignant-élève est un concept multidimensionnel théorisé par Pianta et fait
référence à trois dimensions : la proximité, la dépendance et le conflit (Spilt et al., 2022). Une relation de
proximité entre l’élève et l’enseignant est indicatrice d’interactions chaleureuses et ouvertes basées sur une
confiance mutuelle. Une relation de dépendance indique que l’élève est trop assujetti à son enseignant et qu’il
recherche constamment sa présence et son approbation. Enfin, une relation conflictuelle indique un important
niveau de discordance entre l’élève et l’enseignant, autrement dit des interactions disharmonieuses (Spilt et
al., 2022). La qualité de la relation enseignant-élève est considérée comme un facteur de protection quand
cette dernière est positive, pour les élèves qui rencontrent des difficultés scolaires, comportementales ou
sociales. Les relations enseignant-élève positives sont plus fortement associées à l’école secondaire à
l’engagement des élèves qu’à l’école primaire (Roorda et al., 2011, 2017). L’engagement comportemental de
l’élève médiatise les associations longitudinales entre la qualité de la relation enseignant-élève et la réussite
académique (Li et al., 2022). Au-delà de l’effet protecteur pour la réussite académique, une relation
enseignant-élève de qualité est associée à moins de harcèlement et de victimisation par les pairs. Face aux
démarches d’inclusion scolaire, les enseignants ont des représentations assez mitigées. De plus, les
enseignants ne sont pas systématiquement assez formés et peuvent très vite être amenés à rencontrer des
difficultés provoquant ainsi une réelle résistance à l’éducation inclusive. Cette réticence au projet d’inclusion
pourrait amoindrir la qualité de la relation enseignant-élève chez les élèves au développement atypique.
Après la présentation des déterminants de cette relation tant du côté de l’enseignant que de l’élève, des
levers d’action seront discutés.
Alexandre LEDRAIT : Du mal d’idéal au mâle idéal : idéologie, surdiagnostic et quête identificatoire à
l’adolescence.
Les transformations contemporaines des formes d’identification chez les adolescents invitent à interroger ce
que l’on pourrait nommer les pathologies de l’idéal. Dans un contexte social marqué par la multiplication des
discours identitaires, des revendications catégorielles et des radicalités idéologiques, la clinique de
l’adolescence semble aujourd’hui traversée par des phénomènes où l’idéologie vient recouvrir, voire
suppléer, une quête d’idéal et d’identification. Cette communication propose d’explorer le passage de
l’idéologie à l’idéalité, en considérant l’idéologie comme une tentative de donner forme à une recherche
d’idéal lorsque les repères identificatoires vacillent. Elle peut ainsi apparaître comme une solution défensive,
offrant à l’adolescent un cadre symbolique susceptible d’organiser l’angoisse et de structurer une place dans
le monde social. Parallèlement, la clinique contemporaine met en évidence l’émergence d’un besoin croissant
de reconnaissance diagnostique, parfois revendiqué par les sujets eux-mêmes. Dans une société où les
catégories diagnostiques circulent largement dans l’espace médiatique et numérique, le diagnostic tend à
devenir un support d’identification, permettant au sujet de se situer, de se nommer et ‘être reconnu, au risque
de devenir une conviction identitaire. Ce phénomène participe de ce que certains auteurs décrivent comme
une tendance au surdiagnostic, au risque de voir le diagnostic recouvrir la fonction du symptôme.
Les manifestations contemporaines de radicalité adolescente peuvent alors être appréhendées comme des
tentatives de résolution identitaire, certaines idéologies venant proposer un idéal prêt-à-porter court-circuitant
le travail pubertaire. Dans cette perspective, la communication s’intéressera particulièrement à la clinique du
masculin et aux idéaux sociétaux contemporains. Les discours masculinistes, par exemple, peuvent être
compris comme des tentatives de restauration d’un idéal masculin perçu comme menacé, offrant aux
adolescents en quête d’identification un modèle de virilité supposé stable et cohérent.Cette communication
proposera ainsi de penser ces phénomènes à partir de la notion d’idéalité, entendue comme le besoin
structurant d’un idéal permettant au sujet de se représenter lui-même et de s’inscrire dans une filiation
symbolique. Lorsque cette idéalité fait défaut, l’idéologie — comme parfois l’identification diagnostique —
peut venir en tenir lieu, au prix d’une rigidification identitaire et parfois d’une radicalisation des positions
subjectives.
Anna COGNET
Les marqueurs de l’angoisse dans le dessin de l’enfant
Les dessins thématiques comme outils d’évaluation.
Clément FLACHAT BERNE (CAMPS), Marie BULLIERE (SESSAD TSA),
Pauline DUDENHOEFFER (CAMPS) : Repérage du TSA dans le milieu scolaire.
Le contenu porterait sur les signes d’autisme depuis les petits de maternelle jusqu’aux adolescents, en abordant aussi
les outils de dépistages et de diagnostic qui existent et en proposant des mises en situation, expérimentations et
exemples de ce que peut être l’autisme
Julie VERDEL : Une médiation photo-narrative au service de la rencontre avec l’adolescent.
Dans la rencontre avec l’adolescent, il est difficile de proposer des médiations qui favorisent une mobilisation
sensorimotrice, narrative, imaginaire, sans être vécues comme infantilisantes (figurines, dessins…). La Photo-Histoire
est une médiation projective photo-narrative, trouvée-crée dans une première recherche en ITEP1 (enfants/ados), puis
formalisée et éprouvée dans le cadre d’examens psychologiques demandés pour les orientations SEGPA2. C’est un
dispositif novateur dans la rencontre clinique avec l’enfant et l’adolescent, sous-tendu par une approche narrative
(Golse et al., 2008; Zigante et al., 2009) et psychodynamique. Sa place peut être thérapeutique et/ou évaluative (grilles
de repérage et de cotation). Elle s’enracine dans les théories du médium malléable (Milner, 1977; Roussillon, 1991),
des médiations thérapeutiques (Brun et al., 2019), des outils projectifs (Boekholt, 1993; Chagnon, 2001, 2011; Roman,
2016), du Photolangage® (Baptiste et al., 1991) et des ateliers d’écriture (Cadoux, 2003).
La Photo-Histoire propose une potentielle relance pulsionnelle par le biais des images, voire de l’imaginaire, souvent
bien fragile chez les jeunes en difficulté de pensée, de symbolisation . Elle peut être proposée aux enfants, adolescents
ainsi qu’aux adultes. Ce dispositif à la fois créatif et contenant permet ainsi d’offrir une modalité de rencontre originale.
Une réflexion est en cours sur son utilisation dans une approche plus systémique, à l’image des « objets flottants »
(Caillé & Rey, 2009), pour lui donner une place dans les entretiens familiaux, comme support à un dialogue et de co-
élaboration entre l’adolescent et sa famille. La mise en place de cette médiation est accessible et l’investissement
matériel très simple (papier, feutres, colle…), ce qui la rend facile à mettre en place malgré les budgets institutionnels
limités.
Cet atelier présentera rapidement les fondements théoriques de cet outil ainsi que son déroulement formalisé (matériel,
consignes, étapes…), sous forme de temps de pratique et/ou d’extraits vidéos. Des exemples cliniques concrets de
différentes réalisations avec des adolescents (collège et lycée) aux problématiques/symptomatologies variées
permettra d’illustrer l’intérêt clinique des dimensions projectives, narratives, et son originalité. Le but de cet atelier est
que chacun puisse avoir une représentation précise du déroulement, pour permettre aisément sa mise en œuvre. Pour
ceux qui souhaiteront intégrer ensuite cet outil dans une logique plus formelle d’évaluation psychologique, des grilles de
repérage/cotation sont disponibles avec une formation complémentaire.
Lydia STUPAR et Joël CAPON : Déontologie en pratique : le Code comme outil de réflexion et de positionnement
professionnel.
Cet atelier propose de mettre en lien les situations professionnelles rencontrées par les psychologues de l’Éducation
nationale avec les principes du Code de déontologie des psychologues.
À partir de situations concrètes, les participants seront invités à identifier les enjeux déontologiques et éthiques qui
peuvent se présenter dans leur pratique : confidentialité, secret professionnel, consentement, respect de la personne,
transmission d’informations….
L’objectif est de considérer le Code de déontologie comme un outil de réflexion et d’aide au positionnement
professionnel, permettant d’éclairer les décisions et de questionner les pratiques.
L’atelier s’appuiera sur des échanges de pratiques et des analyses de situations, afin de favoriser la réflexion collective
et la construction de repères communs.
Rémi BADOC
Évaluation du risque suicidaire.
Katia TERRIOT : L’IDS-2 en pratique : utiliser une évaluation multidimensionnelle pour comprendre les
difficultés scolaires.
Les psychologues de l’Éducation nationale sont régulièrement amenés à réaliser des évaluations afin de
mieux comprendre les difficultés d’apprentissage ou certaines situations scolaires complexes. Ces
évaluations reposent souvent principalement sur des mesures d’intelligence, qui apportent des
informations essentielles mais parfois insuffisantes pour comprendre l’ensemble du fonctionnement de
l’élève.
La batterie IDS-2 – Intelligence and Development Scales, Second Edition (Grob & Hagmann-von Arx,
2018) propose une approche d’évaluation multidimensionnelle et modulaire du développement des enfants
et des adolescents (5–20 ans). Elle s’appuie notamment sur le Cattell–Horn–Carroll model of intelligence
pour l’évaluation cognitive et permet d’explorer plusieurs domaines complémentaires du fonctionnement :
capacités intellectuelles, fonctions exécutives, compétences scolaires, compétences socio-émotionnelles,
compétences psychomotrices ainsi que motivation et attitudes face aux apprentissages. Cette approche
vise à mieux comprendre les facteurs cognitifs et développementaux qui soutiennent ou entravent les
apprentissages et l’adaptation scolaire.
Cet atelier proposera une présentation pratico-pratique de l’IDS-2 à destination des PsyEN, articulée
autour de trois temps :
Les soubassements théoriques de la batterie, notamment le modèle CHC et l’intérêt d’une évaluation
multidimensionnelle du fonctionnement de l’élève ;
La présentation des différentes épreuves et domaines évalués, en mettant l’accent sur leur intérêt dans les
contextes d’évaluation scolaire ;
L’illustration de l’utilisation clinique de la batterie à partir d’études de cas, afin de montrer comment les
résultats peuvent aider à formuler des hypothèses sur les difficultés d’apprentissage et orienter les
recommandations adressées aux équipes éducatives et aux familles.
L’atelier vise ainsi à montrer comment une évaluation intégrant différentes dimensions du développement
peut enrichir la compréhension des situations scolaires et soutenir la pratique des psychologues de
l’Éducation nationale.
Catherine REMERMIER : Diagnostic / pronostic : Le développement psychologique est-il prédictible ?
L’état psychologique de la jeunesse a conduit les pouvoirs publics à proposer des mesures issues de la
tenue des assises de la santé scolaire. Elles s’appuient sur les résultats d’enquête en milieu scolaire visant
à mesurer le bien- être et la fréquence des troubles de santé mentale chez les enfants et les adolescents.
Or, l’analyse de ces enquêtes met en lumière plusieurs questions déontologiques et méthodologiques, qui
amènent à formuler des réserves sur le plan scientifique et à interroger les limites de la mesure en
psychologie. Elles s’inscrivent dans des choix théoriques qui méritent pour le moins d’être questionnés
notamment la disparition de la notion d’indétermination dans le développement de l’enfant et l’adolescent,
au profit de la prévision voir de la prédictibilité de son évolution Ces réflexions invitent à se référer à
d’autres conceptions du développement, et à imaginer des marges de manœuvres et des pistes d’actions
possibles pour les PsyEN.
Sylvie AMICI : Le Manifeste de l’APSYEN.
Durant l’année écoulée, un groupe rassemblant des membres du Conseil d’administration et des délégués
académiques de l’APSYEN réfléchit et s’est engagé dans la co-écriture d’un manifeste.
L’écriture de ce manifeste est encore au travail.
Après une présentation et des échanges avec les adhérentes et adhérents présent.es à l’assemblée
generale du mardi 22 septembre, nous vous proposons lors de cet atelier de poursuivre le travail de
réflexion autour de l’écriture de ce manifeste.